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05/10/09
Nutrition et infertilité masculine, une relation complexe
 
       
   
L’impact du poids et de la nutrition sur la fertilité masculine commence à être mieux connu, grâce à de nombreuses études analysant le rôle de différents micronutriments sur la qualité spermatique. L’infertilité masculine, principalement les anomalies de qualité du sperme, peut être la conséquence de nombreux facteurs étiologiques, impliquant le mode de vie et l’environnement. La question du rôle de l’alimentation sur la fertilité suscite dans ce contexte un intérêt croissant. Un petit nombre d’études concernent l’impact du poids dans la cause d’une infertilité. La baisse de la qualité spermatique constatée dans certaines régions du monde, responsable d’une baisse de la fertilité, coïncide avec l’augmentation de la prévalence de l’obésité dans ces mêmes régions. Ces altérations spermatiques semblent être liées à un indice de masse corporel (IMC) élevé, mais les anomalies diffèrent selon les études : diminution de la concentration ou de la numération totale en spermatozoïdes, nombre de spermatozoïdes mobiles, augmentation des formes atypiques de spermatozoïdes, ou encore augmentation de la fragmentation de l’ADN. Les raisons physiopathologiques du lien entre IMC et fertilité masculine ne sont pas encore connues. Plusieurs hypothèses ont été avancées, parmi lesquelles le rôle de la baisse des hormones stéroïdiennes, observée chez les hommes obèses, qui pourraient exercer un rétrocontrôle négatif sur l’axe hypothalamo-hypophysaire et une diminution de la synthèse de FSH. Cette baisse de FSH agirait secondairement sur les cellules de Sertoli et sur la sécrétion d’inhibine B, en altérant la spermatogenèse. SPERME ET MÉTAUX De nombreux travaux se sont attachés à rechercher un lien entre infertilité et micronutriments, comme les métaux, certains oligo-éléments ou les antioxydants. Les spermatozoïdes sont concernés par le « paradoxe de l’oxygène » En effet, le respect de l’équilibre entre pro-oxydants et antioxydants est important. Si les radicaux libres sont nécessaires à un faible niveau pour que les spermatozoïdes acquièrent leur pouvoir fécondant, leur excès entraîne des lésions de peroxydation, responsables d’une baisse de la mobilité des spermatozoïdes et des altérations de leur ADN. Parmi les métaux, le zinc, cofacteur enzymatique participant à la synthèse de l’ADN, et le cuivre, cofacteur enzymatique intervenant dans les processus de peroxydation, sont des micronutriments essentiels à la spermatogenèse. Dès 1979, des travaux ont montré la relation entre une baisse de la mobilité des spermatozoïdes et une diminution de la concentration en zinc du liquide séminal. En revanche, une concentration élevée en zinc altère la fonction spermatique, en particulier la réaction acrosomiale. À l’inverse, l’exposition au cadmium, par l’intermédiaire de la cigarette, des activités industrielles ou de l’alimentation, est corrélée à une diminution du volume et de la qualité du sperme et à une immaturité des spermatozoïdes. CARENCE EN OLIGOÉLÉMENTS De nombreux oligo-éléments interviennent également dans la spermatogenèse. La plupart ont un effet favorable et leur carence est associée à une baisse de la fertilité. C’est le cas du calcium, du sélénium, de l’acide folique ou encore de l’acide ascorbique. La mobilité des spermatozoïdes est liée à la régulation intracellulaire du calcium, qui intervient également dans la capacitation et la réaction acrosomique. Le sélénium est présent dans les testicules des mammifères en concentration élevée. Plusieurs paramètres spermatiques (numération, mobilité, intégrité morphologique) seraient liés à la concentration en certaines séléno-enzymes, en particulier la glutathion peroxydase, dont la diminution est observée chez les patients infertiles, quelle que soit l’étiologie de l’infertilité. L’acide ascorbique intervient pour ses propriétés anti-oxydantes. Quant aux folates, ils sont essentiels pour la synthèse des nucléotides et la méthylation de l’ADN. Le niveau d’apport en folates, lié à la concentration en folates du liquide séminal, a un rôle critique dans la spermatogenèse. De nombreuses études de supplémentation en antioxydants ou micronutriments ont été réalisées au cours de la dernière décennie, avec cependant des résultats variables, qu’il convient encore de préciser et de compléter. › Dr Camille Cortinovis D’après la présentation du Pr Rachel Levy, PU-PH en biologie de la reproduction à l’hôpital Jean Verdier, Bondy. Nutrition du : 12/06/2009
 
       
       
       
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